11 janvier 2019

Intelligence Artificielle (IA) et Big Data pour le Commandement & Contrôle (C2)

Le SecDef Forum a accueilli le 8 janvier 2019 à Bruxelles un public d’une quarantaine de représentants d’États-Membres, de l’OTAN, d’institutions UE et de l’industrie pour un échange sur la transformation du C2, l’Intelligence Artificielle et le Big Data. Le Général Jean-Paul Paloméros, ancien NATO Supreme Allied Commander Transformation et aujourd’hui conseiller sénior chez CEIS, a présidé les débats.
La discussion a commencé par un exposé sur les enjeux actuels et notamment l’explosion du volume des données générées, phénomène connue sous le nom de Big Data, au sein des forces armées. Caractérisé par les 4 V (volume, Vitesse, Variété et Véracité), le Big Data engendre de nombreux défis pour le C2 dont la traçabilité des données et des décisions prises, le risque de perte d’informations à valeur-ajoutée, l’enjeu de l’interconnectivité des systèmes, la résilience et la sécurisation des systèmes C2.
L’IA peut s’avérer être un outil pertinent pour faire face à ces défis, notamment ceux relevant de la vitesse et du volume des données. Les échanges ont permis d’évoquer plusieurs avantages de l’IA. Les technologies d’IA opèrent rapidement de nombreuses actions sur les données : regroupement, fusion, détection de signaux (dont les signaux faibles), production d’analyses et de synthèses, propositions d’options. Ces actions confèrent à l’IA plusieurs fonctions à valeur-ajoutée pour le C2 telles que l’amélioration de la connaissance de l’environnement opérationnel, la réduction du volume d’informations pour une concentration des hommes sur les informations pertinentes et, de façon plus globale, le soutien et l’aide à la prise de décision.
Les fonctions de l’IA appliquées à la sphère militaire ne se limitent pas aux effets cinétiques, puisque les technologies IA offrent un large potentiel dans les domaines logistique, de gestion des ressources (humaines et matérielles), médical, du RETEX ou de l’entraînement.
Une présentation d’Axel Dyèvre, Directeur associé chez CEIS, a notamment permis de voir l’optimisation des interactions homme-machine selon le volume et la structuration des données. La réflexion sur la place de l’homme dans un C2 intégrant de plus en plus de technologies IA se révèle d’autant plus importante au regard de la nature sensible du monde militaire. En effet, l’IA requiert des conditions d’emploi qui ne sont pas forcément réunies, de façon pérenne, par les forces armées, notamment en opération : connectivité continue, accès à des données structurées et confiance envers la technologie.
L’intervention de Pierre Goetz, Senior Manager chez CEIS, a ensuite mis en lumière différentes approches nationales (USA, Chine, Russie, Israel) quant à la vision stratégique, les moyens et les ambitions à déployer pour une utilisation de l’IA pour le monde militaire.
Les différentes présentations et interventions effectuées lors de ce SecDef Forum ont alimenté une interaction dynamique avec les participants, entre autre sur le « mode dégradé »  et de la dépendance technologique. La nécessité d’intégrer des innovations et expertises issues du secteur privé à la sphère militaire a été invoquée, ainsi que l’importance d’éduquer le grand public aux usages militaires de l’IA afin de sortir du débat réducteur, mais très présent dans les médias généralistes, sur les « robots tueurs ».