25 avril 2014

[Le Monde] Matthieu Anquez réagit à la création de la Compagnie des Mines de France (CMF)

Dans un entretien au Monde daté du 23/04/2014, Matthieu Anquez, du Pôle ESS de CEIS, réagit à la création de la Compagnie des Mines de France (CMF) décidée par Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, en février 2014.

Extraits de son interview :

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Matthieu Anquez, consultant à la Compagnie Européenne d’intelligence stratégique, applaudit, lui aussi, la démarche ministérielle. « Enfin, la France se dit prête à élaborer une stratégie des approvisionnements qui va au-delà des hydrocarbures et de l’uranium, sur le modèle du Japon ou de la Corée du Sud, tous deux dépourvus de matières premières !, s’exclame-t-il. Enfin, l’Etat revient dans ses compétences : gérer le temps long de la mine ! C’est une bonne idée que la CMF commence par chercher ce qu’il y a dans notre sous-sol. Bien sûr, nous ne pourrons jamais concurrencer les énormes gisements de fer brésiliens ou de cuivre chiliens, mais la découverte de petites veines de zinc – quasi-monopole chinois –, de béryllium – quasi-monopole américain – ou de niobium – monopole brésilien – sécuriserait les approvisionnements de notre industrie de pointe. »
Mais trouver du lithium, par exemple, dans le sous-sol de l’Hexagone, sans avoir les industriels capables de le réduire en poudre adaptée aux batteries électriques n’apporterait pas grand-chose à la France. « La stratégie minière doit s’intéresser à l’aval, explique Matthieu Anquez. Il est nécessaire de bâtir des filières avec le concours d’industriels. »
Le chantier est immense. Pour le mener à bien, il faudra satisfaire des exigences drastiques de protection de l’environnement sur le modèle suédois. Il faudra trouver des milliards de dollars de capitaux. Il faudra y associer l’industrie du recyclage.
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