31 janvier 2018

[Note stratégique] Blockchain : état des lieux et perspectives (janvier 2018)

Consacrée « Méga Tendance » par le World Economic Forum en septembre 20151 et présente au coeur des débats qui se sont tenus à Davos au début de l’année 20162, la blockchain n’en finit pas de faire parler d’elle3. Popularisée par son application la plus répandue, la crypto-monnaie Bitcoin, la blockchain est souvent présentée comme une technologie révolutionnaire qui promet de bouleverser nos modes de vie et nos modèles économiques. Pour certains experts, elle représente même un potentiel égal à celui de certains standards clés de l’Internet comme HTTP (Hypertext Transfert Protocol) ou TCP-IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol). Selon eux, le « phénomène blockchain » pourrait donc connaître un développement analogue à celui qu’ont connu l’Internet et l’émergence du web dans les années 1980 et 1990.
Signe de l’engouement qu’elle suscite, la blockchain fait l’objet d’expérimentations industrielles de plus en plus nombreuses et dans des secteurs très variés. Si celles-ci sont pour la plupart portées par des start-ups, les grands acteurs de la banque et de la finance étudient également les possibilités d’appliquer la blockchain à certaines procédures collaboratives. Le phénomène blockchain séduit même désormais les États, qui s’intéressent aux apports potentiels de la blockchain pour la puissance publique et pour les forces armées. Des recherches en ce sens sont menées par des organisations comme la DARPA aux États-Unis, ou l’agence de communication et d’information de l’OTAN (NCIA).

Mais à l’instar de beaucoup d’innovations technologiques, la blockchain court aujourd’hui le danger de devenir un simple « buzzword4 » sans être toutefois toujours bien comprise par ceux qui en font la promotion. Le développement de cette technologie dont les usages ne sont pas encore matures suscite en effet confusion et emballement. D’où la nécessité de bien comprendre ce qui se cache derrière cet objet technologique complexe, au croisement de l’informatique, de la cryptographie et de la théorie des jeux.

Par Michel Benedittini et Amélie Rives, CEIS

D’après une étude réalisée par CEIS pour la DGRIS du Ministère des Armées