2 août 2017

[NOTE STRATÉGIQUE] Emploi du Cloud dans les armées – Première approche des concepts et contraintes

Ces dix dernières années ont vu une multiplication des terminaux connectés générant toujours plus de données, soit par action humaine, soit – et de plus en plus – de manière automatisée. Dans le même temps, les réseaux de communication ont vu leurs débits augmenter. En conséquence, les volumes de données échangés sur les réseaux – à commencer par Internet – ont explosés. Le fonctionnement en Cloud est devenu en effet l’un des moyens les plus efficaces pour transmettre, stocker ou accéder à de grandes quantités d’informations de manière quasi instantanée. Si les avantages sont nombreux pour les Armées, leurs contraintes d’emploi et de sécurité doivent toutefois être bien prises en compte dans les réflexions sur ce sujet.

Pour les Armées, la problématique est double. D’un côté, les volumes de données produits ou à utiliser explosent, exactement comme pour le civil. En opérations, les niveaux tactiques ou opératifs ont de plus en plus de besoins d’accès et de transmission de données, phénomène qui va s’accentuer avec l’arrivée en service de véhicules ou de plateformes plus communicantes. Dans les 10 à 15 dernières années les besoins des utilisateurs ont évolué au fur et à mesure de l’apparition de nouvelles possibilités :
• Accéder à de plus en plus d’information, à la demande et sans être contraint d’en stocker l’intégralité
• Disposer de la même information et des mêmes services sur différents terminaux
• Partager l’information en temps réel avec des collaborateurs mobiles
• Evoluer dans un environnement technologique transparent et ergonomique permettant l’utilisation de terminaux légers et de différents types et systèmes
Mais d’un autre côté, les missions s’effectuent la plupart du temps dans des conditions dégradées ou contraintes d’accès aux réseaux. Les unités doivent donc pouvoir travailler aussi bien « connectées » que « déconnectées » ou avec des niveaux de connexion (serveurs de réplication asynchrone par exemple) plus ou moins localisés. Ceci doit permettre d’éviter tant les pertes de capacités opérationnelles que les dysfonctionnements liés à la latence des réseaux. Il sera néanmoins de plus en plus difficile d’imaginer que les capacités de stockage et de traitement nécessaires à une force en opération puissent être intégralement déployées sur place et qu’elles fonctionnent en totale autarcie.

L’enjeu du fonctionnement en Cloud dans les Armées est donc d’assurer la bonne répartition des ressources informatiques entre les différents niveaux afin de garantir la disponibilité, la résilience et l’autonomie possible de chaque niveau. Le tout devant tendre à une utilisation la plus transparente possible pour les utilisateurs, exactement comme c’est le cas dans le secteur civil et dans les applications grand public


A propos des auteurs
Axel Dyèvre est Directeur associé chez CEIS.  Axel a commencé sa carrière comme officier. Consultant en stratégie de 1995  à 1997, il a été ensuite Senior Partner chez DATOPS (maintenant LexisNexis Business Information Solutions),  société développant des systèmes d’information de 1997 à 2005. Ayant participé à l’aventure CEIS depuis les débuts en 1997, il rejoint opérationnellement la société en 2006  et a créé CEIS-Bureau Européen à Bruxelles quil dirige depuis lors. Depuis 2013, il est également en charge du DGA Lab qu’il a mis en place (initialement SIA Lab).
Pierre Goetz est Manager chez CEIS qu’il a rejoint en mars 2008. Au travers des missions auxquelles il participe, Pierre développe une double expertise des affaires européennes et de la gestion de projet, en particulier dans le cadre des programmes de recherche européens. Il a également acquis une solide expertise dans le domaine du renseignement, de la défense et de la recherche sur le terrorisme.
Martin de Maupeou est Senior Consultant chez CEIS qu’il a rejoint en 2011. Il participe aux études et missions de conseil menées par CEIS auprès d’acteurs publics et privés de la Défense et participe également à plusieurs projets de recherche en Sécurité.