30 juillet 2015

[Note Stratégique] Les opérations intérieures ou « OPINT » – Du contrat opérationnel à la vision capacitaire

La piraterie maritime, les attaques dans le cyberespace et le terrorisme sont autant de défis d’actualité qui illustrent l’existence d’un continuum sécurité-­défense. Pour le général d’Armée (2S) Marc Watin-­Augouard ce continuum « se manifeste par le fait qu’il n’y a pas de phénomènes extérieurs à nos frontières qui n’aient immédiatement des conséquences sur notre sécurité intérieure ». Les attentats de janvier 2015 sont une manifestation de ce phénomène : des nationaux se réclamant d’un groupe agissant hors du territoire français ont frappé en plein coeur de Paris.

Avec l’Opération Sentinelle, les Armées françaises, déjà engagées pour combattre la menace terroriste dans le cadre d’OPEX, se sont ainsi retrouvées mobilisées sur le sol français pour la protection de lieux publics et de sites sensibles. Pour qualifier ce type de missions, le ministère de la Défense parle de « missions intérieures » (MISSINT), même si depuis quelques temps le terme d’ « OPINT », pour « Opérations Intérieures », s’est vu utiliser comme le pendant des « OPEX » ‐ Opérations extérieures -­ pour marquer le continuum des opérations.

Si l’implication des troupes dans le cadre d’OPINT est ancienne, leur mobilisation dans la durée et dans le milieu terrestre est une nouveauté. Il est dès lors légitime et nécessaire de s’interroger sur la doctrine et les règles d’engagements particulières qui président à ce contrat opérationnel intérieur ; ainsi que sur la durabilité et la faisabilité du maintien d’OPINT importantes. Cela impose un effort de réflexion capacitaire pour trouver un point d’équilibre entre le respect du contrat opérationnel dans son ensemble et les moyens nécessaires pour disposer d’une force suffisamment nombreuse, bien préparée et bien équipée.


A propos des auteurs :

Matthieu Anquez est Manager chez CEIS. Expert sur les questions de sécurité, de défense et de géopolitique, il est notamment rédacteur de nombreuses études de prospective géopolitique appliquée. Il conseille de nombreuses directions sur leurs stratégies d’industriels de défense. Matthieu Anquez est, depuis 2010, un expert référencé sur les questions de défense auprès de la Direction de la prospective du MAEE.

Pierre Goetz est Manager chez CEIS qu’il a rejoint en mars 2008. Au travers des missions auxquelles il participe, Pierre développe une double expertise des affaires européennes et de la gestion de projet, en particulier dans le cadre des programmes de recherche européens. Il a également acquis une solide expertise dans le domaine du renseignement, de la défense et de la recherche sur le terrorisme.