8 septembre 2014

[Note Stratégique] Redimensionner notre dissuasion : Quels risques ? Quels gains ? Éclairages sur un débat d’actualité

Depuis la décision de doter la France de l’arme nucléaire, dans un contexte d’affrontement entre les deux grandes puissances américaine et soviétique, la dissuasion s’est progressivement imposée par les faits. C’est ainsi que les oppositions, qui ont marqué le début du nucléaire militaire en France, ont quasiment disparu au fur et à mesure d’une prise de conscience que la dissuasion nucléaire et la paix étaient intrinséquement liées.
Toutefois, alors que la mise à jour du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale réaffirmait la dissuasion comme un élément intangible de notre outil de défense, conformément aux engagements du président de la République, des revendications ont une nouvelle fois été entendues appelant à la tenue d’un débat sur la question. La fin de la logique de Guerre Froide, la mutation du référentiel des menaces auxquelles la France doit désormais faire face, ainsi qu’une pression budgétaire toujours plus prégnante, ont en effet entraîné la réactivation du débat sur la pertinence et le dimensionnement de nos capacités de dissuasion.
Prenant acte de cette situation, Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, a fait le choix d’initier une véritable discussion institutionnelle, engageant ici une évolution majeure dans la conduite du débat en la matière.
Face à l’importance et à la complexité de cette question, CEIS a souhaité proposer quelques clés de lecture. La présente note vise ainsi à proposer de manière synthétique l’ensemble des principaux éléments et arguments permettant de mieux appréhender les tenants et les aboutissants d’une question touchant les fondements même de notre outil de défense.
Audrey HENRIOUD